Ce qu’il faut savoir
Dans le cadre d’un bail commercial, la question du congé en matière commerciale, qu’il soit donné par le locataire ou le bailleur, ou qu'il obéit à un régime juridique strict.
Il est essentiel de respecter les formes et délais imposés par la loi pour que le congé soit valable. Le commissaire de justice (anciennement huissier de justice) joue un rôle central dans cette procédure.
LE CADRE JURIDIQUE DU CONGÉ EN MATIERE COMMERCIALE
Le régime juridique du congé en matière commerciale est principalement régi par les articles L.145-1 à L.145-60 du Code de commerce. Le congé peut intervenir :
- À l’initiative du locataire souhaitant quitter les lieux ;
- À l’initiative du bailleur pour mettre fin au bail, refuser son renouvellement ou proposer une modification des conditions du bail (notamment le loyer).
Conformément à l’article L.145-9 du Code de commerce, le congé doit être donné par acte extrajudiciaire, c’est-à-dire par exploit d’un commissaire de justice. Il doit être signifié au moins six mois à l’avance et pour la fin d’une période triennale (sauf exceptions).
LES DÉLAIS ET FORMES À RESPECTER
- Le locataire peut donner congé à l’issue de chaque période triennale (3, 6 ou 9 ans), sous réserve de respecter un préavis de six mois, en application de l’article L.145-4.
- Le bailleur, quant à lui, doit également respecter un préavis de six mois, qu’il s’agisse de refuser le renouvellement du bail ou de proposer son renouvellement à des conditions différentes (article L.145-9).
- Le congé sans offre de renouvellement doit être motivé, et peut donner lieu au versement d’une indemnité d’éviction sauf exceptions (article L.145-14).
LE RÔLE DU COMMISSAIRE DE JUSTICE
La signification du congé par commissaire de justice garantit sa date certaine, sa régularité juridique et permet au bailleur comme au locataire de respecter les délais légaux. Le commissaire de justice peut également conseiller les parties sur la validité et les conséquences d’un congé envisagé.
ATTENTION AUX CONGÉS IRRÉGULIERS
Un congé mal formulé, délivré hors délai ou par une autre voie qu’un acte extrajudiciaire peut être déclaré nul. Cela peut entraîner la reconduction tacite du bail ou l’obligation de verser une indemnité.
Pour résumer, le congé en matière commerciale est une démarche encadrée par la loi qui doit être accomplie avec rigueur. Le recours à un commissaire de justice est obligatoire pour sa validité, tant pour sa forme que pour la sécurité juridique qu’il apporte.
Pour toute question relative à la délivrance d’un congé commercial, n’hésitez pas à contacter notre étude. Nous vous accompagnons à chaque étape de la procédure.
Fabienne Allaire
Questions fréquentes (FAQ)
Le congé en matière commerciale est l’acte juridique officiel par lequel le locataire ou le propriétaire (le bailleur) manifeste sa volonté de mettre fin au contrat de location. En matière commerciale, cet acte est strictement encadré par le Code de commerce pour protéger l’activité de l’entreprise locataire.
Le locataire bénéficie d’une certaine souplesse. Dans le cadre d’un bail classique (3-6-9), il peut résilier le contrat à l’expiration de chaque période triennale (c’est-à-dire à la fin de la 3ème, de la 6ème ou de la 9ème année). Il existe également des exceptions permettant de résilier à tout moment, notamment en cas de départ à la retraite ou d’invalidité du dirigeant.
Non. Le droit français protège fortement le fonds de commerce du locataire. Le bailleur ne peut donner congé qu’à la fin des 9 ans du bail, ou lors d’une échéance triennale pour des motifs très précis prévus par la loi (démolition de l’immeuble, construction de logements, etc.).
Si le propriétaire décide de donner congé à la fin du bail et refuse le renouvellement sans motif grave et légitime (comme des impayés répétés), il doit verser au locataire une indemnité d’éviction. Cette somme est souvent très élevée, car elle doit compenser le préjudice subi par l’entreprise (perte de la clientèle, frais de déménagement, etc.).
Que le congé en matière commerciale soit à l’initiative du locataire ou du bailleur, le délai de préavis est toujours de 6 mois minimum avant la date de fin de la période triennale ou la fin du bail. Un délai non respecté rend le congé nul, et le bail repart pour une nouvelle période.








